La Zone de Libre-Ăchange Continentale Africaine (ZLECAf) est bien plus qu’un simple accord commercial ; elle est une initiative de transformation structurelle dont la promotion du dĂ©veloppement durable est un objectif fondamental et explicite. Cette intĂ©gration est essentielle pour garantir que les bĂ©nĂ©fices de l’intĂ©gration Ă©conomique soient Ă©quitablement rĂ©partis, amĂ©liorent durablement les conditions de vie des populations africaines et prĂ©servent l’environnement pour les gĂ©nĂ©rations futures.
Le dĂ©veloppement durable, dans le contexte africain, exige de rĂ©pondre simultanĂ©ment aux dĂ©fis de la pauvretĂ©, des inĂ©galitĂ©s, de la dĂ©gradation environnementale et de la nĂ©cessitĂ© d’une industrialisation inclusive. La ZLECAf offre un cadre continental unique pour coordonner les efforts, mutualiser les ressources et accĂ©lĂ©rer l’atteinte des Objectifs de DĂ©veloppement Durable (ODD).
I. Les Défis Structurels à la Durabilité : Les Faiblesses que la ZLECAf Doit Vaincre
La concrĂ©tisation d’un dĂ©veloppement durable au sein de la ZLECAf est entravĂ©e par des dĂ©fis majeurs, souvent interconnectĂ©s, qui constituent les faiblesses structurelles actuelles de l’organisation :
A. Dépendance aux MatiÚres PremiÚres et Vulnérabilité :
La forte dĂ©pendance des Ă©conomies africaines Ă l’exportation de matiĂšres premiĂšres non transformĂ©es les rend extrĂȘmement vulnĂ©rables aux fluctuations des prix mondiaux. Cette structure limite la crĂ©ation d’emplois Ă forte valeur ajoutĂ©e et entrave la diversification Ă©conomique nĂ©cessaire Ă un dĂ©veloppement rĂ©silient.
B. Infrastructures Inadéquates et non Durables :
Le manque d’infrastructures de transport, d’Ă©nergie et de communication adĂ©quates et fiables est un frein majeur. Des infrastructures dĂ©ficientes augmentent les coĂ»ts de production et de commerce, limitent l’accĂšs aux marchĂ©s et rĂ©duisent la compĂ©titivitĂ©. De plus, de nombreux projets d’infrastructures passĂ©s n’ont pas intĂ©grĂ© les critĂšres de durabilitĂ© environnementale ou sociale, entraĂźnant parfois une dĂ©gradation Ă©cologique.
C. Faiblesse Institutionnelle et ProblĂšmes de Gouvernance :
La faiblesse des institutions, la corruption, l’instabilitĂ© politique et le manque de bonne gouvernance compromettent l’application effective des politiques et des rĂ©formes. La capacitĂ© Ă Ă©laborer et Ă mettre en Ćuvre des rĂ©glementations environnementales et sociales robustes est souvent limitĂ©e, sapant les efforts de dĂ©veloppement durable.
D. Menace du Changement Climatique et Dégradation Environnementale :
L’Afrique est extrĂȘmement vulnĂ©rable aux effets du changement climatique (sĂ©cheresses, inondations, dĂ©sertification), qui menacent la sĂ©curitĂ© alimentaire et la stabilitĂ©. La dĂ©gradation des terres, la dĂ©forestation et la perte de biodiversitĂ© sont des prĂ©occupations majeures qui sapent les bases mĂȘmes d’un dĂ©veloppement durable.
E. Inégalités Sociales et Déficit de Financement :
MalgrĂ© la croissance, les inĂ©galitĂ©s de revenus et la pauvretĂ© persistent. L’accĂšs inĂ©gal Ă l’Ă©ducation, Ă la santĂ© et aux opportunitĂ©s Ă©conomiques entrave le dĂ©veloppement humain, un pilier essentiel de la durabilitĂ©. Par ailleurs, le financement des projets verts (Ă©nergies renouvelables, adaptation climatique) reste un dĂ©fi, les investissements privĂ©s Ă©tant souvent orientĂ©s vers les secteurs extractifs traditionnels.
II. Le Djimbilisme : Une Feuille de Route EndogĂšne pour le SuccĂšs de la ZLECAf
Pour surmonter ces dĂ©fis, des solutions adaptĂ©es aux contextes africains sont impĂ©ratives. Le Djimbilisme propose une piste de solutions endogĂšnes et intĂ©grĂ©es pour mettre fin Ă la souffrance africaine faite de sous-dĂ©veloppement et de dĂ©pendance, en offrant des propositions techniques et stratĂ©giques claires pour l’application du dĂ©veloppement durable au sein de la ZLECAf.
A. Promotion de l’Industrialisation Verte et des ChaĂźnes de Valeur
Le Djimbilisme insiste sur la nĂ©cessitĂ© de passer Ă une Ă©conomie diversifiĂ©e et industrialisĂ©e, axĂ©e sur la valeur ajoutĂ©e et l’Ă©conomie circulaire :
- Secteurs Ă Faible Carbone : Investir massivement dans des secteurs manufacturiers Ă faible Ă©mission, l’agro-industrie transformatrice (passage du cacao en tablette de chocolat, non plus en fĂšves), le textile et les Ă©nergies renouvelables.
- Chaßnes de Valeur Régionales : Développer des chaßnes de valeur régionales solides qui encouragent la transformation locale et la production durable, en créant des pÎles de compétitivité transfrontaliers.
B. Projets d’Infrastructures Durables et IntĂ©grĂ©s
Le dĂ©veloppement d’infrastructures doit ĂȘtre rĂ©silient, respectueux de l’environnement, et pensĂ© pour l’intĂ©gration continentale :
| Domaine | Stratégie Technique du Djimbilisme | Méthodologies de Construction |
| Ănergie | Prioriser le mix Ă©nergĂ©tique solaire/Ă©olien/hydroĂ©lectrique dĂ©centralisĂ© pour l’Ă©lectrification rurale. DĂ©velopper un Super-RĂ©seau Ălectrique Continental (AfriGrid) pour mutualiser les excĂ©dents. | Utilisation de matĂ©riaux locaux et Ă faible empreinte carbone (e.g., GĂ©opolymĂšres au lieu de ciment classique). Construction modulaire et standardisĂ©e pour des dĂ©ploiements rapides. |
| Transport | Construction de Corridors de Croissance Verts intĂ©grant autoroutes, voies ferrĂ©es Ă Ă©cartement standard et pipelines. DĂ©veloppement des Ports et Logistiques Maritimes Verts. | Mise en Ćuvre de l’Analyse du Cycle de Vie (ACV) pour tous les projets. SystĂšmes de drainage des eaux et de gestion des sols pour minimiser l’Ă©rosion et l’impact sur la biodiversitĂ©. |
| NumĂ©rique | DĂ©ploiement de la fibre optique continentale et de la 5G pour soutenir l’e-commerce et l’innovation verte. | Utilisation d’Ă©nergies renouvelables pour l’alimentation des Data Centers (Data Centers Verts). |
C. Mobilisation de Financements Innovants et Verts : Le Plan de Financement du Djimbilisme
Le financement est le nerf de la guerre. Le Djimbilisme propose des projections d’investissement ambitieuses et un plan de financement en rupture avec la dĂ©pendance Ă l’aide extĂ©rieure :
| Source de Financement | Projections dâInvestissement et MĂ©canismes | RĂŽle de la ZLECAf |
| Financement IntĂ©rieur | Objectif : Augmentation du ratio ImpĂŽt/PIB de 5 points en 10 ans par la lutte contre l’Ă©vasion fiscale et la numĂ©risation. CrĂ©ation d’un Fonds Souverain Panafricain pour l’Industrialisation (FSPI) alimentĂ© par une taxe continentale minimale sur les transactions Ă forte valeur ajoutĂ©e. | Harmonisation des politiques fiscales et douaniĂšres pour amĂ©liorer la collecte. |
| Finance Verte | Ămission massive d’Obligations Vertes (Green Bonds) notĂ©es et garanties par l’Union Africaine (UA) ou la BAD. DĂ©veloppement d’un MarchĂ© Carbone Panafricain (crĂ©dits carbone). | Standardisation des critĂšres d’Ă©ligibilitĂ© pour les projets verts continentaux (Taxonomie Verte Africaine). |
| Partenariats Public-Privé (PPP) | Utilisation de Contrats de Partenariat Public-Privé-Communauté (PPPC) pour les infrastructures. Garantie des risques par les institutions financiÚres régionales pour attirer les IED responsables. | Cadre légal continental standardisé pour les PPP. |
Projections dâInvestissement : Le Djimbilisme estime qu’une moyenne de 3% du PIB continental devrait ĂȘtre consacrĂ©e aux infrastructures durables et vertes pour atteindre une croissance transformatrice et rĂ©siliente, soit un investissement annuel initial de l’ordre de 75 milliards USD, augmentant progressivement.
D. Renforcement de la Gouvernance et Inclusion Sociale
- Lutte Anti-Corruption : Renforcement continental des institutions de lutte contre la corruption et harmonisation des lois sur la bonne gouvernance pour crĂ©er un environnement d’affaires transparent.
- Inclusion Sociale : Investissement massif et ciblĂ© dans l’Ă©ducation et la santĂ©, avec un accent sur l’autonomisation des femmes et des jeunes via des programmes d’entrepreneuriat vert et l’accĂšs au financement par microcrĂ©dit (inspirĂ© par le succĂšs de M-Pesa).
- RĂ©silience Climatique : IntĂ©gration de stratĂ©gies d’adaptation (agriculture rĂ©siliente, gestion durable de l’eau) dans les plans nationaux et soutien Ă des initiatives phares comme Le Grand Mur Vert .
III. Conclusion : L’Avenir de la ZLECAf est Durable
La promotion du dĂ©veloppement durable est la clĂ© de voĂ»te du succĂšs Ă long terme de la ZLECAf. Elle exige une approche holistique intĂ©grant l’Ă©conomie, le social et l’environnement. Les solutions proposĂ©es par le Djimbilisme fournissent une feuille de route intĂ©grĂ©e et endogĂšne, qui, en s’appuyant sur l’innovation, la coopĂ©ration rĂ©gionale et une gouvernance exemplaire, permettra Ă l’Afrique de transformer ses dĂ©fis en opportunitĂ©s. La ZLECAf, armĂ©e d’une stratĂ©gie de dĂ©veloppement durable endogĂšne, peut devenir le vĂ©ritable moteur d’un continent prospĂšre, rĂ©silient et souverain.
đą Appel Ă l’Action : Pour un Commerce Ăquitable
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