L’Afrique détient les plus grandes réserves mondiales de phosphate. Du Maroc au Togo, en passant par le Sénégal et l’Égypte, ce minéral est le poumon de l’agriculture mondiale. Pourtant, un paradoxe persiste : alors que nos terres regorgent de cette richesse, nos agriculteurs peinent à accéder aux engrais et nos économies restent prisonnières d’un modèle extractiviste de bas étage.
Le Djimbilisme n’est pas une simple théorie ; c’est une rupture stratégique. C’est l’outil des solutions endogènes conçu pour transformer le phosphate de « simple caillou exporté » en « moteur de puissance industrielle ».
I. Le Diagnostic : L’Urgence de sortir du Paradoxe de l’Abondance
L’exploitation actuelle du phosphate africain souffre de quatre plaies majeures qui freinent l’émergence du continent :
- L’Exil de la Valeur Ajoutée : Nous exportons la roche brute et réimportons l’engrais fini au prix fort. C’est une aberration économique qui nous rend vulnérables aux chocs extérieurs.
- Le Passif Environnemental : Le phosphogypse (déchet radioactif) s’accumule, polluant nos nappes phréatiques et nos sols, tandis que l’extraction dévore nos ressources en eau.
- La Fracture Sociale : Les populations locales voient passer les camions de minerai mais ne voient jamais la couleur des bénéfices, alimentant tensions et instabilité.
- La Captation des Richesse : Les bénéfices sont trop souvent aspirés par des multinationales étrangères, laissant l’Afrique avec les poussières du développement.
II. La Stratégie Djimbiliste : Une Méthodologie de Transformation Intégrée
Le Djimbilisme propose une feuille de route technique pour reprendre le contrôle de notre destin industriel.
1. Le Plan de Financement et d’Investissement
Pour s’affranchir de la dépendance, le Djimbilisme préconise un modèle de financement hybride :
- Fonds Souverains Dédiés : Réinvestir 25 % des revenus immédiats du phosphate dans un « Fonds de Souveraineté Industrielle » pour financer les infrastructures de transformation.
- Partenariats Public-Privé (PPP) Endogènes : Privilégier les capitaux africains et les banques de développement régionales (BAD, Afreximbank) pour garder le contrôle décisionnel.
- Projections : Un investissement initial ciblé sur 5 ans dans des unités de production d’acide phosphorique et d’engrais NPK permettrait d’augmenter le PIB industriel des pays producteurs de 15 à 20 %.
2. Méthodologies de Construction et R&D
Le Djimbilisme prône une architecture industrielle durable :
- Usines de « Nouvelle Génération » : Construction de complexes intégrés utilisant le dessalement d’eau de mer (énergie solaire) pour le traitement, évitant ainsi de puiser dans les réserves agricoles.
- Économie Circulaire : Valorisation du phosphogypse dans la construction de routes ou la production de ciment, transformant une nuisance en ressource.
- R&D Panafricaine : Création de centres d’excellence pour adapter les formules d’engrais aux spécificités des sols africains.
III. Une Gouvernance pour la Souveraineté : Transparence et Coopération
Le changement ne sera pas seulement technique, il sera politique :
- Contrats Équitables : Renforcer les capacités des négociateurs africains pour imposer des clauses de transformation locale obligatoire (minimum 50 % de la production transformée sur place).
- Transparence Radicale : Adhésion stricte à l’ITIE pour que chaque dollar issu du phosphate soit traçable par le citoyen.
- Le Panafricanisme Économique : Créer une « Organisation des Pays Africains Producteurs de Phosphate » (OPAPP) pour harmoniser les prix et peser sur le marché mondial, à l’instar de l’OPEP pour le pétrole.
Conclusion : Vers une Ère de Dignité
Le phosphate ne doit plus être une malédiction, mais le socle de notre sécurité alimentaire. En adoptant le Djimbilisme, l’Afrique cesse de nourrir le monde pour enfin se nourrir elle-même et bâtir son industrie.
« Le développement de l’Afrique ne viendra pas de l’aide, mais de notre capacité à transformer nos propres richesses pour nos propres besoins. »
📚 Approfondissez la Réflexion
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« Vers un Échange Équitable : Solutions africaines pour le commerce » par Victor Djimbila Kazadi.
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