Les eaux africaines, de la façade atlantique aux Grands Lacs, comptent parmi les plus riches au monde. Pourtant, un paradoxe cruel persiste : alors que des flottes industrielles étrangères saturent leurs cales, les pêcheurs artisanaux de Saint-Louis, de Nouadhibou ou des rives du Lac Victoria voient leurs filets se vider.
Le Djimbilisme, cadre de réflexion et d’action pour des solutions endogènes, propose de transformer cette « malédiction des ressources bleues » en un pilier de développement. Il ne s’agit plus de gérer la pénurie, mais d’instaurer une Souveraineté Bleue africaine.
I. Le Diagnostic : Un Système de Pillage Institutionnalisé
L’organisation actuelle des pêcheries en Afrique est marquée par une asymétrie profonde qui sacrifie l’avenir au profit immédiat d’acteurs extérieurs.
A. Les Failles du Modèle Extractif Actuel
- La Pêche INN (Illicite, Non Déclarée, Non Réglementée) : Un véritable fléau qui prive le continent de milliards de dollars de revenus et détruit les écosystèmes par le chalutage de fond.
- Accords de Pêche Inéquitables : Des licences accordées à bas prix à des puissances étrangères (Chine, UE) en échange de compensations financières souvent déconnectées de la valeur réelle des stocks prélevés.
- Exportation Brute : Le poisson quitte le continent sans transformation, emportant avec lui les emplois et la valeur ajoutée (conserverie, marketing).
B. Conséquences Directes
L’insécurité alimentaire progresse, les jeunes pêcheurs sont poussés à l’exode, et la biodiversité marine s’effondre sous la pression de méthodes industrielles destructrices.
II. La Feuille de Route Djimbiliste : Reprendre le Contrôle
Le Djimbilisme propose une rupture avec la dépendance à travers une stratégie technique rigoureuse et souveraine.
A. Surveillance et Technologie de Pointe
La première étape de la souveraineté est la connaissance et la garde de son territoire.
- Systèmes SCA (Surveillance, Contrôle, Application) : Déploiement de drones maritimes et de satellites pour un monitoring en temps réel des Zones Économiques Exclusives (ZEE).
- Digitalisation des Licences : Utiliser la blockchain pour rendre l’octroi des quotas transparent et inviolable.
B. Valorisation et Industrialisation Endogène
Le Djimbilisme refuse que l’Afrique soit le simple réservoir de protéines du reste du monde.
- Pôles de Transformation Locaux : Construction d’usines de filetage et de conserveries aux normes internationales sur les côtes africaines.
- Économie Circulaire Bleue : Valorisation des déchets de poisson en engrais organiques ou en alimentation animale pour l’aquaculture locale.
III. Plan de Financement et Projections du Djimbilisme
La mise en œuvre de cette « Souveraineté Bleue » nécessite une ingénierie financière qui s’affranchit de l’aide internationale classique.
1. Modèle de Financement : L’Investissement par la Ressource
Le Djimbilisme suggère un plan de financement structuré en trois piliers :
- Le Fonds Souverain Bleu (FSB) : Alimenté par une taxe de 5% sur toutes les exportations halieutiques industrielles et par les amendes issues de la lutte contre la pêche INN.
- Partenariats Public-Privé (PPP) Africains : Encourager les investisseurs du continent à financer les flottes industrielles nationales plutôt que de laisser ce segment aux étrangers.
- Le Micro-crédit Coopératif : Financement de la modernisation des pirogues et des chaînes de froid pour les groupements de femmes transformatrices.
2. Projections d’Investissement et de Croissance
- Horizon 5 ans : Récupération de 30% des parts de marché captées par la pêche illégale (réinjection de ~2 milliards $ dans les économies locales).
- Horizon 10 ans : Création de 1,5 million d’emplois directs dans les industries de transformation.
3. Méthodologie de Construction et de Mise en Œuvre
Le Djimbilisme privilégie une approche modulaire et décentralisée :
- Quais de débarquement modernes : Construction d’infrastructures utilisant des matériaux locaux résistants à la corrosion saline pour réduire les pertes post-capture.
- Réseaux de froid solaires : Installation de chambres froides alimentées par l’énergie solaire le long des côtes pour garantir la qualité du produit sans dépendance au réseau électrique national.
IV. Conclusion : Un Appel à l’Action Souveraine
Les ressources halieutiques sont le bien commun de l’Afrique. Le Djimbilisme offre la méthode technique et politique pour que ce « bien commun » nourrisse d’abord l’enfant africain et enrichisse l’entrepreneur local.
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📘 « Vers un Échange Équitable : Solutions africaines pour le commerce »
Par Victor Djimbila Kazadi
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