L’ImpĂ©ratif Économique : Vers une Afrique IntĂ©grĂ©e
L’AccĂ©lĂ©ration du Commerce Intra-Africain n’est pas une simple ambition, c’est l’objectif central et stratĂ©gique de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf). AprĂšs des dĂ©cennies d’orientation vers les marchĂ©s extĂ©rieurs, cette initiative marque un tournant historique : celui d’un continent qui choisit de s’appuyer sur son propre dynamisme pour un dĂ©veloppement durable et inclusif. La ZLECAf vise Ă  crĂ©er un marchĂ© unique continental pour inverser la fragmentation qui a historiquement freinĂ© la diversification, la compĂ©titivitĂ© et la crĂ©ation d’emplois.
‱ Stimuler l’Industrialisation : Offrir aux entreprises l’accĂšs Ă  un marchĂ© de $1,3$ milliard de consommateurs, permettant des Ă©conomies d’Ă©chelle et encourageant l’investissement manufacturier.
‱ Renforcer les ChaĂźnes de Valeur RĂ©gionales : Favoriser les Ă©changes de produits transformĂ©s et intermĂ©diaires entre nations, renforçant la rĂ©silience Ă©conomique.


I. Les DĂ©fis Structurels : Les Freins Ă  l’IntĂ©gration
MalgrĂ© son immense potentiel, l’accroissement du commerce intra-africain se heurte Ă  des obstacles majeurs nĂ©cessitant des solutions coordonnĂ©es et, crucialement, endogĂšnes.
A. Infrastructures et Logistique Inadéquates
Les rĂ©seaux de transport (routes, chemins de fer, ports) sont souvent sous-dĂ©veloppĂ©s, fragmentĂ©s, et rendent le mouvement des marchandises entre pays africains plus onĂ©reux qu’avec d’autres continents. Les goulots d’Ă©tranglement aux frontiĂšres, les procĂ©dures douaniĂšres inefficientes et le manque de corridors de transport intĂ©grĂ©s perturbent la fluiditĂ©. Le dĂ©ficit en infrastructures Ă©nergĂ©tiques et numĂ©riques fiables aggrave encore les coĂ»ts.
B. Persistance des BarriĂšres Non Tarifaires (BNT)
Au-delà des droits de douane, les BNT étouffent le commerce. Elles incluent :
‱ RĂ©glementations Divergentes : Normes techniques, sanitaires et phytosanitaires non harmonisĂ©es.
‱ ProcĂ©dures DouaniĂšres Complexes : MultiplicitĂ© des documents, bureaucratie et corruption.
‱ Ces barriĂšres augmentent l’incertitude et les coĂ»ts, dĂ©courageant particuliĂšrement les Petites et Moyennes Entreprises (PME).
C. Manque de ComplĂ©mentaritĂ© Économique
La forte dĂ©pendance Ă  l’exportation de matiĂšres premiĂšres entraĂźne une faible diversification des bases de production. Les Ă©conomies africaines ont souvent des structures de production similaires et axĂ©es sur les produits primaires, limitant les produits transformĂ©s Ă  Ă©changer entre elles.
D. Lacunes en Financement et Information
Les PME font face Ă  des difficultĂ©s considĂ©rables pour obtenir le financement nĂ©cessaire Ă  l’expansion transfrontaliĂšre. Le dĂ©ficit d’information sur les marchĂ©s rĂ©gionaux, les rĂ©glementations spĂ©cifiques et les opportunitĂ©s d’affaires est Ă©galement un frein majeur.
E. Instabilité et Gouvernance
Les conflits, l’instabilitĂ© politique et l’insĂ©curitĂ©, couplĂ©s Ă  une gouvernance faible et Ă  la corruption, minent la transparence et l’efficacitĂ© des Ă©changes.


II. Le Djimbilisme : La Feuille de Route EndogÚne pour la Réussite
Face Ă  ces dĂ©fis, la rĂ©ussite de la ZLECAf ne peut ĂȘtre assurĂ©e que par des solutions endogĂšnes, adaptĂ©es aux rĂ©alitĂ©s spĂ©cifiques du continent. C’est ici qu’intervient le Djimbilisme, une piste de solutions visant Ă  mettre fin au sous-dĂ©veloppement et Ă  la dĂ©pendance africaine par un plan stratĂ©gique et technique intĂ©grĂ©.
A. Développement et Modernisation des Infrastructures (Le Pilier Physique)
L’investissement doit ĂȘtre massif et ciblĂ©, selon les principes du Djimbilisme :

  1. Corridors de Transport Intégrés : Développer des réseaux multimodaux (ferroviaire, routier, maritime) reliant les centres de production aux marchés et aux ports.
  2. Facilitation du Commerce aux FrontiÚres : Modernisation numérique des postes frontiÚres et mise en place de systÚmes de guichet unique pour accélérer et sécuriser le dédouanement.
  3. Infrastructures Essentielles : AccĂšs gĂ©nĂ©ralisĂ© Ă  une Ă©nergie fiable et abordable, ainsi que l’expansion des rĂ©seaux numĂ©riques pour le commerce Ă©lectronique.
    💡 Plan de Financement et Projections d’Investissement du Djimbilisme
    Le Djimbilisme propose une stratégie de financement panafricaine et non-conventionnelle pour les infrastructures, axée sur la souveraineté et la mobilisation des ressources internes :
    Composante MĂ©thodologie Projection d’Investissement (Annuel Est.)
    Fonds d’Investissement Continental (FIC) Mobilisation des rĂ©serves de change, contributions des États membres selon le PIB, Ă©missions d’obligations d’infrastructure panafricaines. $50 – 100$ Milliards USD
    Partenariats Public-PrivĂ© (PPP) RĂ©gionaux Garanties souveraines et mĂ©canismes de rĂ©duction des risques (assurances) via des institutions rĂ©gionales (Afreximbank, BADEA). $30 – 50$ Milliards USD
    MĂ©thodes de Construction/ExĂ©cution SystĂšmes de construction rapide et optimisĂ©s (ModularitĂ© & Localisation) : PrioritĂ© aux entreprises africaines qualifiĂ©es et Ă  l’utilisation de matĂ©riaux locaux pour rĂ©duire les coĂ»ts et les fuites de capitaux. Exemple : construction de Lignes de Chemin de Fer « Standard Gauge » en partenariat continental. $40$ Milliards USD
    Total Projections Annuelles : $120 – 190$ Milliards USD. Ce plan est une rupture avec la dĂ©pendance aux prĂȘts conditionnels, misant sur l’investissement par l’Afrique et pour l’Afrique.
    B. Harmonisation Réglementaire et Lutte contre les BNT (Le Pilier Juridique)
    Il est impĂ©ratif d’Ă©tablir un environnement commercial cohĂ©rent :
    ‱ Harmonisation des Normes : Adoption de normes techniques et sanitaires communes basĂ©es sur les meilleures pratiques internationales.
    ‱ Simplification des ProcĂ©dures : Mise en Ɠuvre des protocoles de facilitation du commerce (transit douanier simplifiĂ©, reconnaissance mutuelle des opĂ©rateurs agréés).
    ‱ MĂ©canismes de RĂ©solution : Établissement de mĂ©canismes efficaces pour le rĂšglement des diffĂ©rends commerciaux sous l’Ă©gide de la ZLECAf.
    C. Renforcement des Capacités Productives (Le Pilier Industriel)
    L’Afrique doit transformer sa structure de production :
    ‱ Industrialisation par ChaĂźnes de Valeur RĂ©gionales : Encourager l’investissement dans la transformation des matiĂšres premiĂšres (agro-industrie, textile, minerais) pour crĂ©er des produits finis destinĂ©s aux marchĂ©s rĂ©gionaux.
    ‱ Soutien aux PME : Mise en place de programmes pour amĂ©liorer leur compĂ©titivitĂ©, leur accĂšs aux technologies, Ă  la formation et aux opportunitĂ©s rĂ©gionales.
    D. AmĂ©lioration de l’AccĂšs au Financement et Ă  l’Information (Le Pilier Financier)
    ‱ Financement Innovant : DĂ©velopper des instruments financiers adaptĂ©s (financement du commerce, fonds de capital-risque) et renforcer les institutions financiĂšres rĂ©gionales (Afreximbank).
    ‱ Plateformes d’Information : CrĂ©er des plateformes numĂ©riques centralisĂ©es pour des donnĂ©es en temps rĂ©el sur les marchĂ©s, les rĂ©glementations et les partenaires commerciaux potentiels sur le continent.

III. Leçons Tirées : SuccÚs et Défis Persistants
L’expĂ©rience des CommunautĂ©s Économiques RĂ©gionales (CER) fournit des enseignements cruciaux pour la ZLECAf :
AvancĂ©es Notables Échecs et DĂ©fis Persistants
Libre Circulation des Personnes (Ex. CEDEAO) : Soutien essentiel au commerce formel et informel. Intégration Inachevée (Ex. CEMAC) : Persistance de BNT et manque de diversification économique.
Harmonisation DouaniĂšre (Ex. COMESA, ASYCUDA) : AccĂ©lĂ©ration du dĂ©douanement. Projets InachevĂ©s : Retards ou abandon de projets d’infrastructures transfrontaliĂšres, laissant des « maillons manquants ».
Expansion des Entreprises Panafricaines : Preuve du potentiel de l’Ă©chelle continentale. Annulation des Gains Tarifaires : Les camions passent encore des jours aux frontiĂšres Ă  cause de la bureaucratie, malgrĂ© la suppression des droits de douane.
RĂ©silience du Commerce Informel : Preuve de la demande d’Ă©changes, Ă  formaliser progressivement. Concurrence au lieu de ComplĂ©mentaritĂ© : L’uniformitĂ© des productions nationales limite le volume des Ă©changes de produits manufacturĂ©s.


🚀 Conclusion : L’ImpĂ©ratif d’Action Collective
L’augmentation du commerce intra-africain est l’impĂ©ratif Ă©conomique de l’Afrique du XXIe siĂšcle. La ZLECAf fournit le cadre juridique, mais son succĂšs dĂ©pendra de l’application technique et stratĂ©gique des solutions endogĂšnes proposĂ©es, notamment par des approches novatrices comme le Djimbilisme.
Des efforts dĂ©terminĂ©s et coordonnĂ©s en matiĂšre de financement autonome des infrastructures, d’harmonisation rĂ©glementaire, d’industrialisation et de bonne gouvernance sont essentiels pour libĂ©rer le plein potentiel commercial du continent et bĂątir une Afrique plus prospĂšre, rĂ©siliente et intĂ©grĂ©e.
L’heure est Ă  la transformation de la vision en rĂ©alitĂ© concrĂšte, par des actions menĂ©es avec la seule force et souverainetĂ© africaines.


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